Parole d'élu : Bernard Plat (Rochecorbon, 37)

05 septembre 2012

Rochecorbon (37)

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Bernard Plat (Rochecorbon, 37)

Interview de Bernard Plat, Maire de Rochecorbon, parue dans le n°81 de "La Loire et ses terroirs" (été 2012).

Qu’est-ce qui a motivé votre délibération en faveur du Plan de gestion du Val de Loire patrimoine mondial ?

Inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO, la commune de Rochecorbon est située sur la rive droite de la Loire. Elle est limitrophe de la ville de Tours à l’ouest et de Vouvray chef-lieu du canton à l’est. Au pied du coteau, elle se mire dans la Loire sur environ 4 kilomètres, s’étire dans les vallées sur 1,5 kilomètre et étale son vignoble de 300 hectares d’AOC Vouvray sur le coteau. 3347 habitants vivent sur ses 1698 hectares, à 15 minutes du centre-ville de Tours. Elle est dotée d’un riche patrimoine bâti dont l’église Notre-Dame de Vosnes du XIe siècle classée Monument Historique, que de tout temps les élus ont voulu entretenir et préserver. Le classement de Rochecorbon au patrimoine mondial de l’UNESCO a tout naturellement conduit le conseil municipal à en adopter le plan de gestion. 

En effet, nous considérons que c’est un devoir pour ceux qui ont la charge de la gestion communale de préserver, entretenir et valoriser le patrimoine dont nous sommes héritiers. Cette richesse est à la fois paysagère, architecturale et culturelle. Elle s’exprime également au travers de savoirs faire propres à des activités locales et régionales, ou des produits spécifiques qu’il convient de sauvegarder. 

Dans votre gestion, avez-vous commencé à prendre en compte la valeur universelle du Val de Loire ? Pour quels projets et comment cela se traduit-il ?

Pour atteindre ces objectifs nous avons orienté la politique communale vers le respect de l’environnement, la réappropriation du fleuve, la protection du territoire, la conservation de l’identité de notre bourg pour préserver notre qualité de vie afin que Rochecorbon reste un village où il fait bon vivre. 

Pour cela, dans les années 1995, un sentier des bords de Loire pour piétons et vélos a été aménagé que nous voulons aujourd’hui prolonger jusqu’à Vouvray. Depuis la même époque, un bateau promenade fait découvrir aux touristes le coteau vu depuis la Loire ainsi que la faune et la flore du fleuve. 

En 2010, avec la commune de Parçay-Meslay, limitrophe de la nôtre au nord-ouest et qui forme une continuité de plateaux céréaliers et de vignobles, nous avons initié la première ZAP intercommunale du département et sans doute de la région Centre. Elle sera au début de l’année 2013 une servitude de notre PLU. Nous maîtriserons ainsi l’évolution de l’urbanisme, dans le but de conserver à Rochecorbon son caractère pittoresque, la richesse de son patrimoine bâti et viticole dans un cadre qui restera architecturalement cohérent par la transformation de notre ZPPAUP en AVAP. 

Une association fait aujourd’hui revivre la batellerie traditionnelle en Loire, ainsi qu’un atelier pédagogique de construction, d’entretien de gabarres et de toues en cours d’installation. 

Un projet de maraîchage en bord de Loire avec culture biologique va s’implanter. 

Sur le plan touristique un circuit des troglos est en place et sera complété, au printemps 2013, par un circuit de “l’histoire dans la rue”, itinéraire pour découvrir nos belles demeures, châteaux 

et faits du passé. 

Enfin notre ambition est d’aménager la traversée de Rochecorbon par la D952, “levée de la Loire”, pour supprimer son aspect de route à grande circulation et redonner au centre de notre bourg, dans la partie ligérienne, son caractère de village paisible qui vit avec le fleuve… et nous allons pour cela retirer de son lit la station d’épuration. 

Tous ces projets sont bien sûr l’objet de réflexions et d’études avec des entreprises expertes, chacune dans leur domaine, car si l’élu peut avoir l’idée parce qu’il connaît “sa commune” et qu’il en imagine l’avenir, il n’a pas les compétences nécessaires pour mener à bien ses projets, tant sur le plan technique qu’administratif pour chasser les subventions… Le manque de moyens financiers est évidemment le principal frein à la réalisation dans des délais raisonnables de ces investissements structurants nécessaires pour faire vivre le patrimoine mondial de l’UNESCO, dont nous avons la responsabilité. 

Sur ce site

Sur le web

Avec l'aimable autorisation de " La Loire et ses terroirs ". 

N°81 de été 2012. 

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