Retour sur le forum “Habiter l’eau” 2018

Publié le 05 juin 2018 - Mis à jour le 14 juin 2018
Cet article date d'il y a 6 mois

L’édition 2018 du forum de restitution du laboratoire “Habiter l’eau” s’est tenu le 18 mai dernier à Angers et a réuni une cinquantaine de participants : enseignants et étudiants, directeurs et chargés d’études des agences d’urbanisme et de l’Établissement Public Loire, services de l’État et Mission Val de Loire. Au-delà de la mise en commun des résultats (diagnostics, programmations et conceptions de projets), il s’agissait d’identifier les thématiques récurrentes et d’en tirer des enseignements.

Le devenir du paysage fluvial dans une perspective de changement climatique

En début de matinée, Stéphanie Anton, présidente de la Commission Inondations - Plan Loire du Comité de Bassin et vice-présidente  de la Commission locale de l’eau du SAGE Val Dhuy Loiret, et Carine Biot, chargée de mission SAGE et ingénieur territorial à l’Établissement public Loire ont présenté le plan d’adaptation au changement climatique du Bassin Loire Bretagne approuvé le 26 avril dernier. 

Ce document repose sur 4 grands principes : 

  • Apporter toujours un bénéfice quel que soit l’ampleur du changement climatique,
  • Ne pas entraver le développement durable des territoires,
  • Favoriser la résistance et la résilience des milieux et
  • Éviter la « mal-adaptation » des actions qui sur le long terme s’avèreraient peu pertinentes, voire néfastes.

L’intérêt de ce plan est donc de partager des exemples pertinents afin d’en tirer des enseignements et de déterminer les leviers d’actions futurs comme : 

  • Limiter l’augmentation de la température de l’eau
  • Sensibiliser, informer, former, tous les usagers de l’eau pour en faire des acteurs éclairés
  • Accélérer la mise en œuvre des politiques publiques
  • Explorer des pistes alternatives de gestion de la ressource (notamment en zone inondable)
  • Intégrer économiquement la protection et la restauration des milieux aquatiques.

Loire nourricière, Loire récréative : les possibles d’une mise en projet

Le 2e temps de la matinée était consacré à la découverte des différents projets du laboratoire "Habiter l'eau" sur le thème "Loire nourricière, Loire récréative : les possibles d’une mise en projet". 

  • L’atelier sur Olivet (45) avec l’ENSA Paris-la-Villette en partenariat avec l’Établissement Public Loire et la Mission Val de Loire portait sur le devenir des paysages sur la rivière du Loiret. Les étudiants ont mené des pistes de réflexions s’axant sur la quantité d’eau disponible et sa qualité, notamment suite aux problématiques soulevées lors des « Assises du Loiret ».
  • L’atelier sur Montlouis-sur-Loire (37) avec le master 2 Environnement Territoire et Paysage de l’université de Tours en partenariat avec l’Agence d’urbanisme de Tours traitait de l’impact du changement climatique sur le devenir des paysages viticoles. Les étudiants ont fait ressortir les effets du changement climatique perceptible sur le territoire d’étude avec notamment une augmentation de la température qui entraîne le décalage du cycle phénologique de la vigne.
  • L’atelier sur Vouvray (37) avec Agrocampus Ouest en partenariat avec l’agence d’urbanisme de Tours abordait la requalification de la façade sur Loire du village, à la confluence Loire-Cisse. Afin de renouer le lien entre Vouvray et la Loire, les étudiants se sont interrogés sur la cause de la morphologie actuelle de la ville et sur son rapport historique et actuel au fleuve.
  • L’atelier sur Langeais (37) avec le DSA d’architecte-urbaniste de l’ENSA Marne-la-Vallée en partenariat avec le Ministère de la transition énergétique PUCA était intitulé “L’épave, le fleuve et le territoire, un site d’interprétation du paysage pour réinventer le lien entre Langeais et la Loire”. Les étudiantes ont travaillé sur la reconnexion du centre-ville de Langeais à ses berges de Loire, pour révéler le paysage fluvial et son histoire à partir du témoignage de l’épave.
  • L’atelier sur l’île de Chalonnes-sur-Loire (49) avec l’ENSA Nantes et Agrocampus-Ouest en partenariat avec l’agence d’urbanisme d’Angers proposait des regards croisés sur les thèmes “Loire nourricière” et “Loire récréative”. Pour la “Loire récréative”, les étudiants ont enquêté auprès des acteurs, habitants, usagers, agriculteurs, etc., sur le thème de la “culture de l’eau” afin d’en révéler l’importance. Ce travail d’investigation a permis de définir un « schéma directeur » fondé sur l’expérience des acteurs par rapport à l’eau. Concernant le thème de la “Loire nourricière”, et dans la continuité des conclusions de l’atelier précédent, un 2e groupe d’étudiants a examiné la valeur du sol, permettant de révéler l’histoire agricole de ce territoire et d’interroger les pratiques actuelles. Quatre sites de projets réhabilitent des modes de productions anciens dont certains sont revisités en prenant en compte le changement climatique.
  • Enfin, l’atelier sur Chalonnes-sur-Loire (49) avec l’ENSA Nantes en partenariat avec l’agence d’urbanisme d’Angers avait pour titre “Mille lieux, urbanité en campagne”. Les étudiants ont travaillé sur l’évolution possible de la ville de Chalonnes-sur-Loire, , donnant les lignes d’actions à mener sur le territoire, comme l’harmonisation de l’occupation du haut de coteau avec l’identité de la Loire, ou le développement de la relation ville/Loire en ménageant des points de vue.

Un carnet de projets et une exposition seront réalisés à partir de ces ateliers et travaux. Ils seront présentés lors des RDV du Val de Loire le 28 novembre 2018. 

Comment inscrire, dans le projet et son enseignement, le changement climatique et ses impacts sur le paysage fluvial ?

En début d’après-midi, Bruno Marmiroli, directeur du CAUE 41, a fait un retour sur la biennale "Nature et Paysage" à travers deux exemple : 

  • le quartier Matra de Romorantin-Lanthenay (2006-2016) : à Romorantin, l’architecte Éric Daniel-Lacombe et le paysagiste Bernard Lassus ont réalisé une vaste opération d’aménagement d’un quartier situé en zone inondable. Lors de la crue de juin 2016, la montée des eaux de la Sauldre, qui a inondé largement le centre ville, n’a pas endommagé le quartier.
  • le parc écologique Saint-Jacques-de-la-Lande (2008-2015) : niché dans le vallon du Blosne, près de Rennes, ce territoire de 40 hectares devient le parc écologique de Saint-Jacques grâce à la richesse de ses milieux humides et la mémoire des pratiques agricoles. L’eau y est une ressource, elle écrit les tracés du parc et affirme sa présence à toutes les échelles.

En fin de journée, un atelier a permis de mettre en débat les attentes et expériences des praticiens, enseignants et étudiants pour définir les formes d’une ingénierie de projet, écologique, patrimoniale et paysagère. Les éléments saillants qui ressortent de cet atelier sont : 

  • Une culture de l’acceptation, de la réconciliation afin d’adapter nos usages face à la réalité du changement climatique par la collecte des savoirs d’hier et d’aujourd’hui ;
  • Des projets évolutifs permettant une anticipation, se traduisant par des équipements réversibles, des usages modulables et des programmations de court et long terme fondées sur une stratégie de réserves foncières ;
  • La mutualisation des connaissances et des réponses développées par des territoires impactés par le changement climatique serviraient à créer une « bibliothèque vivante internationale » ;
  • Le transfert de la compétence GEMAPI incite les élus et les institutions à la sensibilisation aux enjeux environnementaux.
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