Prieurale de Cunault

Publié le 13 avril 2017 - Mis à jour le 21 août 2017


La collégiale Notre-Dame de Cunault est un des édifices romans majeur de l’Anjou. Des moines de Noirmoutier, chassés par les envahisseurs Normands, migrent à Cunault de 847 à 862. L’abbé de Tours leur donne des terres et un monastère est mentionné dès le IXe siècle. Le Comte d’Anjou Geoffroy Martel accorde vers 1040-1050 donations et privilèges aux moines avec la moitié des revenus du port et du marché local ainsi que les revenus des terres alluviales et fertiles de la rive nord de la Loire. Grâce à ces revenus et aux offrandes des pèlerins, une première église est édifiée, dont il reste l’imposante tour du clocher. Le chœur, le faux transept et la nef sont du XIIe. Le domaine s’agrandit et on entreprend la reconstruction de la première église, avec les trois dernières travées gothiques (1170–1199). La façade crénelée avec chemin de ronde dans la partie supérieure ; la flèche et les lanternons du clocher sont du XVe. A la fin de la guerre de Cent ans, le prieuré décline. Les pillards empêchent les moines d’engranger les récoltes. La situation s’aggrave au XVIe siècle avec les guerres de religion. L’église est pillée. Il ne reste que cinq moines en 1715. En 1753 les biens de l’abbaye sont vendus au premier comte de Trèves, Jean de Stapleton, noble irlandais armateur à Nantes. Prosper Mérimée, visitant l’Anjou en 1838, est convaincu de la beauté et de la qualité architecturale de la nef. L’église est classée Monument Historique dès 1840 et en 1841 la commune en devient propriétaire. Des restaurations sont menées de 1842 à 1866. Les chapiteaux à l’intérieur de l’église, (certains du XIe) à motifs végétaux ou historiés, sont remarquables.