L’Abbaye de Saint-Maur

Publié le 13 avril 2017 - Mis à jour le 21 août 2017


L’abbaye de Saint-Maur est située au bord de la Loire sur sa rive gauche, à hauteur de La Ménitré. Le site témoigne aujourd’hui de l’histoire très mouvementée qu’il traverse au fil des siècles. L’occupation remonte à l’époque gallo-romaine, des parties de murs d’une villa du IVe siècle subsistent au sein de l’abbaye. Une ancienne voie romaine longe le fleuve en rive droite suivant la crête du coteau. Au VIe siècle, vers 543, le site est choisi pour la fondation d’une abbaye par Saint Maur, disciple de Saint Benoît. L’abbaye est détruite une première fois par Gaidulfe au début du VIIe siècle, reconstruite au début du siècle suivant par Rociron, gendre de Charlemagne et comte du Maine. Les Normands font ensuite fuir les moines en 862 et détruisent partiellement l’abbaye. Une grande église abbatiale est édifiée au XIIe siècle, flanquée de deux hauts clochers et longue de 50 mètres. Il n’en subsiste qu’un porche en arc brisé à trois archivoltes et dans le fronton, une croix à entrelacs du IXe siècle réincorporée. Pendant la guerre de Cent ans, l’abbaye est occupée par les Anglais qui pillent la région. Du Guesclin traite avec eux en 1369 en proposant une rançon (origine du Trépas-de-Loire). Ils partent en mettant le feu. Les moines s’établissent de nouveau en 1434. Avec les guerres de religion, l’abbaye est soumise aux pillages, 3 fois en 40 ans. Durant le siècle suivant, une importante phase de construction de 1680 à 1685 donne à l’abbaye son apparence actuelle avec une partie du cloître et un grand corps de bâtiment aux lignes classiques qui s’ouvre sur le front de Loire. Le logis abbatial date de 1768.