Langeais : le pont suspendu

Publié le 13 avril 2017 - Mis à jour le 28 août 2017

Un monument tenace, cinq fois reconstruit en 150 ans


 Langeais, le pont suspendu

Un monument tenace, cinq fois reconstruit en 150 ans.


Regardez au sud, le pont suspendu : il a l’air paisible comme ça, et même majestueux avec ses piles en forme d’arches, ornées de tourelles. Mais ne vous laissez pas tromper par cette apparente sérénité : en 150 ans, ce pont a dû être reconstruit pas moins de 5 fois ! Et la Loire n’y est presque pour rien.


En 1846, le roi Louis Philippe autorise la construction d'un pont "en fil de fer" - c’est ainsi qu’on appelle la technique à l’époque. Il est ouvert en 1849 mais, au bout de dix ans... Un orage d’été ... la foudre tombe sur le pont, elle brise une colonne, le tablier et le dispositif de suspension s’effondrent dans la Loire. Deux ans jour pour jour après la catastrophe, le 21 juillet 1861, le pont est de nouveau ouvert au passage et au péage. Mais, en 1870, la France est en guerre contre la Prusse ….il faut freiner la progression de l’ennemi. Et l'armée française le fait sauter passant outre l’opposition des autorités et de la population locales. La paix revenue, un troisième pont est terminé en 1874. Il est plus solide que les précédents, avec un système de suspension indépendant. Mais une nouvelle invention le menace bientôt : L’automobile !


On restructure donc le pont pour qu’il puisse supporter les nouvelles charges. C’est aussi à cette époque -dans les années 1930- qu’on donne aux piles du pont le style gothique du château ; les deux monuments se répondent... Juin 1940, la seconde guerre mondiale. L’armée allemande fonce vers le sud... Il faut ralentir sa progression ! L'armée française fait sauter le tablier du pont. Il faudra attendre 1949 après avoir utilisé des bacs puis une passerelle provisoire pour que le pont enjambe de nouveau le fleuve. Depuis, le pont se porte bien... il a juste été modernisé au début des années 1980, il est mis en lumière la nuit de façon particulière. C’est aujourd’hui encore, hormis celui de l’autoroute A85 le seul point de franchissement de la Loire sur 45 km, entre Tours et Port Boulet.



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