Endiguer : des turcies à la première levée

Publié le 23 mai 2017

L’endiguement du fleuve avec des levées est un phénomène caractéristique du Val de Loire. Les 506 kilomètres de digues qui bordent aujourd’hui la Loire moyenne ont une origine très ancienne.

Surélever des habitats ou protéger quelques arpents de culture des crues les plus fréquentes est une pratique courante et ancienne des habitants du Val de Loire, qui remonte au haut Moyen-Age et parfois jusqu’à l’Antiquité. 

Les ouvrages employés à cet effet sont alors de petites digues discontinues, placées aux points d’irruption des courants de débordement : des turcies. Dans certaines parties, la Loire est alors bordée de loin en loin par des emplacements naturellement ou artificiellement surélevés. Ces aménagements primitifs échappent souvent à toute entreprise de datation. Des grandes digues médiévales se superposeront donc à ces turcies moins élevées et beaucoup plus anciennes. 

C’est au XIIème siècle que s’engage une première opération à grande échelle même si, sous le règne de Louis le Pieux en 821, un document fait mention de ce type d’aménagement. 

En 1152, la décision est donc prise de construire la grande levée d’Anjou, le premier ouvrage systématique sur la Loire. 

A la demande de l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, Henri II autorise en effet l’établissement d’une levée de protection des terres cultivables sur 45km, de Saint Patrice à Saint Martin de la Place. 

Par ailleurs, vers 1160, la charte d’Henri II Plantagenêt atteste de l’existence d’un système de digues sur les bords de la Loire et d’une politique de peuplement. Il introduit dans la vallée des hôtes tenus d’habiter sur les levées elles-mêmes. Ces derniers se trouvent ainsi dans une situation où ils ne pourront que bâtir une digue assez large pour porter des maisons, et suffisamment haute et puissante pour contenir des crues. 

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