Sols, cépages, terroirs

Publié le 23 mai 2017

Les cépages

La très grande variété des vins de Loire provient d’un nombre limité de cépages. Les quatre principaux sont pour les vins rouges, le gamay et le cabernet franc et pour les blancs le sauvignon et le chenin. Ce dernier, produisant aussi bien des vins secs, liquoreux ou pétillants est un cépage emblématique du Val de Loire. 

Le terme «  cépage »  désigne le plant de vigne. Sur le plan botanique, ce n’est pas une variété car il ne se reproduit pas à l’identique par semis. On ne peut le multiplier que par voie végétative : bouturage, greffage ou marcottage, afin de conserver intactes toutes les caractéristiques d’un plant originel. 

Au sein d’un cépage, les viticulteurs ont de tout temps sélectionné les plants pour les caractéristiques qui les intéressent : nombre de grappes, tailles de celles-ci, aptitude à leur maturation, voire leur surmaturation, aptitude à leur coloration, arômes… 

On distingue généralement les cépages de blancs et les cépages de noirs. En 2005, le vignoble du Val de Loire est encépagé à 55% en blancs et 45% en noirs. Parmi les cépages blancs, le Melon, le Chenin et le Sauvignon constituent 88% de la surface totale. Parmi les noirs, les Cabernets franc et sauvignon et le Gamay représentent 85% du total. 

Seuls 19% des cépages du Val de Loire (9% des cépages noirs et 27% des blancs) sont des cépages dits « internationaux » (Cabernet Sauvignon, Pinot noir, Sauvignon et Chardonnay), permettant de valoriser le vin en tant que vin de cépage. 

Les cépages sont dans le Val de Loire fortement liés aux appellations et peuvent donc être très variables selon les départements. 

Les types de sols

Le sol  résulte de 2 paramètres importants : la roche et la topographie. Les vignobles producteurs de vins blancs secs, liquoreux et rouges du Val de Loire, sont installés sur deux grandes provinces géologiques : à l’est les terrains sédimentaires de l’ouest du Bassin parisien, et à l’ouest les terrains anciens du Massif armoricain, limités à l’Anjou. 

Les terrains sédimentaires sont en majorité marins, constitués de roches diverses : sables gravelo-caillouteux, sables argileux, argiles et parfois craies (tuffeau), marnes et faluns. 

Selon l’importance des cours d’eau, des alluvions anciennes plus ou moins développées peuvent recouvrir certains terrains. Celles de la Loire, de la Vienne et du Thouet sont les plus importantes. 

Les jeux complémentaires des pentes, de l’érosion, des remaniements naturels ou non ont « construit » le support et permis souvent un fort enracinement du vignoble dans un sous-sol hétérogène. Les coteaux plus ou moins fragiles ont été abondamment remaniés. 

La seule texture (sables ou argiles) ne suffit pas à décrire une expression de sol. Sa structure, son organisation intrinsèque est beaucoup plus porteuse de facteurs. Ainsi la nature de la charge caillouteuse joue un rôle déterminant : matières siliceuses, silex, quartz, chert, perron, chailles sont beaucoup plus calorifiques que les calcaires ou craies. Si les calcaires sont présents, leur intérêt réside dans la structure très favorable qu’ils procurent ; ils charpentent le sol, comme ils charpentent souvent le vin. 

En Touraine, le sous-sol est composé de craie (tuffeau) du Bassin parisien avec des sols argilo-calcaires ou d’argile à silex ; les terrasses des bords de Loire et de Vienne sont constituées de sables et de graviers. Les bords du Cher sont quant à eux souvent constitués de sols d’argiles à silex. 

En Anjou, le sous-sol est composé principalement de schistes ardoisiers, schistes gréseux et carbonifères du Massif-Armoricain. 

La notion de terroir

Territoire délimité géographiquement, un terroir viticole a des caractéristiques qui lui sont propres : nature des terres, configuration géographique et climat. Celles-ci sont valorisées collectivement pour créer un produit original associant qualité, authenticité et typicité. 

Depuis une vingtaine d'années, le Val de Loire est un lieu de développement du concept de terroir viticole. Pour un vignoble, cette notion représente un patrimoine inimitable, influençant fortement la qualité des vins. 

Les facteurs naturels du milieu tiennent une place importante, contribuant de façon déterminante à la singularité du terroir. 

Cette spécificité naît de l’interaction de quatre types de données : naturelles, biologiques, culturales, et œnologiques, à l’origine d’un « effet terroir ». 

Cette notion de terroir est à la base du principe d’appellation d’origine contrôlée (A.O.C) qui constitue un système de production tout à fait original et contribue fortement à la réputation d’une bonne partie des vins français. Une appellation est définie par un produit agricole attaché à un territoire lui procurant une originalité. Au sein d'une même A.O.C, on peut aussi trouver différents terroirs. 

Une bonne connaissance des terroirs permet aux vignerons d’adapter leurs modes de production pour optimiser la qualité de leurs vins, en favorisant notamment la meilleure adéquation possible entre le sol et la qualité du vin. 

L’Unité Terroir de Base

En 1996, une méthode de caractérisation des terroirs viticoles a été élaborée en Val de Loire, fondée sur la notion d'Unité Terroir de Base (U.T.B.). 

Le concept d’U.T.B. représente, au sein d’une A.O.C., un territoire restreint sur lequel les conditions naturelles de la vigne sont suffisamment homogènes pour produire des vins semblables, tout en préservant une surface valorisable sur le plan agronomique et économique par le vigneron. 

Ainsi, une A.O.C est toujours constituée d’un nombre plus ou moins important d’U.T.B. Concrètement, ce concept a été appliqué par la mise au point d’une méthode d’étude intégrée. Celle-ci comporte une identification, une caractérisation et une cartographie précise de l’U.T.B, prenant en compte plusieurs caractéristiques : 

  • la composante géologique à travers l’étage géologique et la nature de la roche.
  • la composition du sol dans son ensemble et ses caractéristiques à travers un modèle permettant de distinguer 3 milieux : la roche, l’altération, et l’altérite.
  • enfin le paysage associé, étudié sous l’angle de la topographie, de l’altitude, de l’intensité et l’orientation de la pente ainsi que l’ouverture du paysage.

Cette méthode permet de traduire les principales conditions de fonctionnement de la vigne dans son environnement : réserve utilisable en eau, potentiel de précocité, potentiel de vigueur et conditions climatiques locales. Elle représente donc un  intérêt primordial pour les exploitants. 

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