À la poursuite du bourdon

Publié le 06 septembre 2016 - Mis à jour le 02 novembre 2016
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Dans le cadre de la résidence d’artistes, La Colombière, à Chênehutte-Trèves-Cunault (Gennes-Val de Loire), sera ouverte pour les journées européennes du patrimoine les samedi et dimanche 17 et 18 septembre 2016 de 10h à 12h et de 14h à 18h. Elle accueillera une installation « À la poursuite du bourdon » ainsi que des performances sonores (concert) le samedi 17 à 17h et le dimanche 18 à 16h30.

Issu de l’ESBA d’Angers, titulaire du DNSEP Diplôme national supérieur d'expression plastique (DNSEP), Alix Gastineau, la résident 2016, complètera sa formation l’année prochaine en intégrant le post-diplôme ‘‘Art et Création Sonore’’ à l’ENSA de Bourges. 

La Fondation Marquise de Narros - Institut de France est légataire de « La Colombière », propriété située en bord de Loire sur la commune de Gennes-Val-de-Loire. En partenariat avec La Mission Val de Loire et la commune sont organisées des résidences de création consacrées au thème du paysage culturel du Val de Loire et à ses représentations. 

Sur ce site :

« Musicien percussionniste de formation, j’axe aujourd’hui mes recherches sur l’événement que créer cette pratique, sur le dynamisme sociale que favorise le concert. Sous forme de performance, d’installation, ou de partition, mon travail s’inspire de la matière sonore que présente un contexte, un lieu en particulier, et tente d’en redonner une lecture fictive, une interprétation aveugle. 

Pour cette fin de résidence, le titre de l’événement, À la poursuite du bourdon, suggère plusieurs thématiques. Le bourdon n’est pas seulement l’insecte qui favorise la pollinisation, il fait référence à la musique. De la cloche de l’église aux cordes à son fixe des vieilles à roues, en passant par les tubes de certaines cornemuses, le bourdon évoque une note tenue, un accord continu. 

C’est une boucle sans fin qui se détache du temps présent, une musique cosmique qui évoque le lien unissant l’homme à l’environnement. D’origine naturelle, cette sonorité organique est diffusée par d’autre type d’engin. Les moteurs des machines imitent son aspect cyclique. La quête insinuée par le titre énonce donc une recherche de ces phénomènes acoustiques présents dans la région. Et cette quête ne s’affiche pas comme un objectif précisément à atteindre, mais plutôt comme un parcours que le résultat définitif se prépare à retracer. La forme finalisée d’une composition sonore retransmise dans le lieu d’exposition. Une composition exclusivement fabriquée à partir d’enregistrement de terrain (field recording), et diffusée en boucle dans l’espace. À certain moment, durant la journée, la composition sera modifiée en direct pour en actualisé l’organisation. 

Une manière d’imposer à l’état figé des choses un caractère transitoire, de façon à créer un paysage sonore évolutif. 

En relation à cette installation électroacoustique, l’exposition présente un cabinet de curiosité qui remplit le rôle d’historique de recherche sur des objets trouvés, modifiés, fabriqués durant la période de résidence. Ces objets ont été activité comme des instruments de musique, puis enregistré pour être intégrés à la composition. Les performances qui rythmeront le déroulement de l’événement s’en empareront ainsi pour disposer de leur qualité acoustique. L’actionnement de ces artefacts propose une réflexion sur leurs statuts, immobiles et dévitalisés, tirés de leur contexte initiale au profit d’une écoute qui symbolise leur origine. 

D’une certaine manière, le bourdon, c’est un silence audible. L’état constant d’un son qui laisse de la place à d’autres plus imprévisibles. Partir à sa recherche, c’est aussi partir à la recherche du silence, ou plutôt de l’absence d’imprévu trop agressif pour les oreilles. C’est retourner au calme insolite, que certain lieu propose. Les troglodytes sont de ceux-ci. Espace souvent retranché profondément dans la terre, ils vous font entendre une musique souterraine, presque muette, celle du corps qui se déplace, de l’interaction de l’homme avec son habitat. Une architecture soustractive en paradoxe avec l’événement sonore qui s’y développe, car une fois à l’intérieur, une envie de crier invite à entendre l’écho de la voix, et à écouter chacune des cavités creusées par une main qui voulait se loger. Des enregistrements incorporés à la composition évoqueront ce rythme de vie si typique des troglodytes. Des activités s’y développent, et parfois des discussions alimentent un désir d’y trouver une autre manière de voir le monde. 

Le bourdon c’est aussi une pâtisserie à base de pomme et de patte à pain. Pour parler de musique, il est d’usage d’utiliser une métaphore qui simplifie des concepts parfois trop abstrait. 

La cuisine serait cette sorte de musique que chacun connait. Plusieurs analogies entre les deux pratiques se font sentir, ce sont foncièrement deux activités humaines qui puisent dans l’environnement chacune de leurs saveurs en harmonisent avec efficacité les convives qui assistent à leur déroulé. Cette recette proposera d’en découvrir la partition. » 

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