Le fleuve au cœur du développement, expériences croisées (2 décembre 2010)

Publié le 22 décembre 2010 - Mis à jour le 07 janvier 2011
Cet article date d'il y a plus de 7 ans

Organisé par la Mission Val de Loire dans le cadre du 10e anniversaire de l’inscription UNESCO du Val de Loire patrimoine mondial, ce séminaire international a permis capitaliser les expériences développées en matière de gestion, aménagement et préservation des corridors fluviaux et sites remarquables, dans le cadre de projets de coopération décentralisée développés « de fleuve à fleuve » entre la France et le Mali (fleuve Niger).

Accueilli par l’Université François Rabelais de Tours, le séminaire a réuni les partenaires ligériens et étrangers : institutionnels (UNESCO, Région Centre, Mission Val de Loire, Assemblée Régionale de Mopti, Commune de Mopti), universités (Université de Tours, UCO Angers), associatifs (Maison de Loire en Anjou). Egalement présents dans l’assistance, des représentants du CG37, du Parc Naturel Régional Loire-Anjou-Touraine, de la Maison de la Loire d’Indre et Loire, de Centraider et des communes du Val de Loire. 

La ville dans le corridor fluvial

La présentation des cas des villes de Mopti (port fluvial) et de Djenné (ville inscrite au patrimoine mondial), ont abordé les enjeux propres des villes en bordure de fleuve : des lieux remarquables par leur situation, leur architecture et leurs patrimoines, mais un aménagement et un développement urbain contraint par leur situation, où les questions environnementales restent préoccupantes et l’amélioration de l’assainissement un enjeu de la vie quotidienne. 

Par sa situation de carrefour, Mopti, ville portuaire, est un moteur économique de la région et possède également des potentiels touristiques avérés (qualité de vie, activités locales, patrimoines) méritant d’être valorisés tout en prenant garde aux contextes évolutifs particuliers de ce secteur économique : volatile et versatile, le tourisme subit les aléas des contextes sociopolitiques de la région et les concurrences territoriales. 

Les projets de la ville de Djenné, en partenariat avec les actions entreprises dans le cadre des projets internationaux, dont la Mission Val de Loire est partenaire, (« Niger-Loire : gouvernance et culture ») ont permis de proposer des solutions en matière d’évacuation des eaux et de traitement des déchets. Cependant, la pérennisation de ces actions reste dépendante des moyens locaux (humains et financiers), contrainte majeure relevée par les acteurs. 

Un des éléments pour la prise en compte sociale de l’environnement, en particulier en corridor fluvial, passe par la sensibilisation et la diffusion de connaissances auprès de tous les acteurs du territoire. En France comme au Mali, des structures ont vu le jour, porteuses de ces dimensions propres à l’appropriation des patrimoines et des valeurs environnementales par les populations vivant le territoire. 

De la Maison de Loire à la Maison du Delta

La Maison de Loire, structure associative, vise à rendre le fleuve accessible à tous, par des actions de formation et de sensibilisation tout public portant sur la connaissance et la transmission des savoirs et savoir-faire concernant les patrimoines naturels et culturels de la Loire : organisation de conférences, éducation au patrimoine (jeunes publics), expositions, biennales des grands fleuves. 

La Maison du Delta (projet porté par la coopération de la Région Centre avec l’Assemblée Régionale de Mopti) a elle aussi vocation à être un centre d’interprétation du fleuve et de ses évolutions à l’instar de la Maison de Loire mais se positionne également comme un véritable opérateur, porteur de projet en vue de la préservation environnementale et de la protection des patrimoines à l’échelle du Delta intérieur du Niger. 

Les vocations sont donc sensiblement différentes et parallèlement reflètent les différences qui existent entre les usages de la Loire et ceux du Niger. Si la Loire n’est plus aussi utilisée, elle reste un territoire évolutif, paysage culturel vivant, alors que le Niger demeure une ressource à part entière pour toutes les populations qui lui sont riveraines et reste utilisée de manière intensive (pêche, voie de communication, ressource en eau, etc.). 

Formation continue et recherche

A partir de l’exemple du Pantanal au Brésil, l’accent a été mis sur la recherche sur les bio-indicateurs des services que rendent les écosystèmes de zones humides et la corrélation entre la dégradation de la biodiversité et celles des conditions de vie pour les hommes

Les aspects spécifiques de formation à l’international ont été décrits dans le cadre des deux options du Master DIDL développé par l’Université de Bamako avec l’appui du projet « Niger-Loire : gouvernance et culture » : gestion environnementale des milieux aquatiques et fluviaux, et, gestion du patrimoine et développement. L’écoute effective lors la mise en œuvre de ces options a permis de les  adapter aux cadres des collectivités locales maliennes. 

Une corrélation technique et géographique importante a été décrite entre la mise en danger de la biodiversité et de la diversité culturelle. 

Intervenants de la journée.