Le Val d’Authion, comme un polder

Publié le 13 avril 2017 - Mis à jour le 21 août 2017

Une méthode hollandaise au service du Val de Loire


 Le Val d'Authion, comme un polder

De la Touraine aux portes d’Angers le Val d’Authion est un polder fluvial, des terres gagnées sur le fleuve, un polder unique en France par sa surface. Et il couvre à peu près 35 000 hectares, il y a un peu plus de 50 000 personnes qui y vivent.


Yves Joulain, président de la Maison de Loire en Anjou.


C’est une richesse économique très importante pour cette partie de la Loire, essentiellement agricole, semencière, à haute valeur ajoutée du fait du sol qui se trouve, pour une grande partie dans le lit majeur du fleuve. Mais l’inconvénient d’être dans le lit de la Loire c’est que le fleuve à tendance à se déverser dans le Val d’Authion quand il déborde, en tout cas jusqu’aux années 1970.


Monsieur Pisani, alors ministre de l’aménagement du territoire et maire de Montreuil –Bellay, avec les élus de ce Val d’Authion, a décidé de créer quelque chose pour éviter que ces inondations se reproduisent quasi annuellement.


Les élus vont puiser l’inspiration aux Pays-Bas, bien-nommé pays dont un quart des terres sont en-dessous du niveau de la mer, c’est là qu’ils trouvent la solution. C’est ce qui a été fait en 1972, c’est-à-dire la création d’une station d’exhaure au niveau de la commune des Ponts-de-Cé, à l’entrée de la commune. Cette station d’exhaure a pour mission essentielle et unique de pomper l’eau en surplus dans le Val d’Authion et de la reverser dans la Loire quel que soit son niveau. Donc depuis 1972 plus aucune inondation n’a été recensé dans ce territoire.


Les niveaux d’eau sont suivis en temps réels, ce qui permet d’actionner aussitôt les pompes d’exhaures.


Ça n’a pas été sans contestations, sans difficultés de mettre en place ce plan. Parce que ce plan n’était pas simplement la mise en place d’une station d’exhaure au niveau des Ponts-de-Cé, c’était aussi de réaménager hydrauliquement l’ensemble du Val, donc par redéfinition du parcellaire et par creusement de petits canaux et de petites stations de pompage pour irriguer l’ensemble des productions horticoles et végétales du Val d’Authion. Le jeu économique en vaut la chandelle car le Val d’Authion abrite désormais des pépinières de renommées internationales.


Pisani son idée, c’était de déplacer également toutes ces pépinières qui se trouvaient dans la proche périphérie d’Angers vers ce Val d’Authion dont il avait imaginé en faire ce qu’il a appelé dans ce qu’il a réalisé « sa petite Hollande ».


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