Le tuffeau, une pierre qui se travaille

Publié le 13 avril 2017 - Mis à jour le 28 août 2017

Une pierre calcaire tendre omniprésente dans le Val de Loire


 Le tuffeau, une pierre qui se travaille

Une pierre calcaire tendre omniprésente dans le Val de Loire.


Les maisons et châteaux du Val de Loire doivent souvent leur couleur blanc crème au tuffeau. Une pierre dont les qualités ont permis les plus fines réalisations en particulier les ornements de l’architecture renaissance. Aujourd’hui encore ce calcaire très fin formé des sédiments marins d’il y a 90 millions d’années est apprécié des hommes de l’art comme Thomas Godefroy, formateur en taille de pierre à la Maison des Compagnons de Saumur et lui-même compagnon.


« C’est une pierre qui est particulièrement tendre comparée à d’autres, qui va se ravaler assez facilement, ce qui donne des bâtiments souvent restaurés et donc souvent jolis. On va avoir des bancs plus ou moins colorés, plus ou moins durs aussi. Un banc c’est une partie de la carrière composée de plusieurs hauteurs, de plusieurs qualités de tuffeau et donc on va choisir en fonction de ça son utilisation. Les moulures ou la pierre de parements plus, les parements à bâtières. » Ce qui frappe avec le tuffeau c’est sa douceur, son velouté qui évoque d’avantage un tissu qu’un minéral, sa couleur peut aussi varier avec ses composants. « On va avoir l’oxyde de fer qui va teinter, qui va recréer un petit peu le matériau. On l’aperçoit des fois sur les façades des points plus orangés, qui vont marquer un petit peu ces couleurs. »


La pierre de tuffeau a donc des qualités esthétiques mais aussi mécaniques. « Elle est plus légère parce qu’elle est moins dense, donc ça facilite sa manipulation sur les chantiers. Facile à tailler, elle est tendre mais il ne faut pas mais il ne faut pas manquer de finesse pour réaliser les choses sans éclats. Travailler avec éclats c’est une boutade, on dit travailler avec éclat, faire quelque chose d’éclatant ou de faire des éclats dans les arrêtes des pierres. » Pour travailler le tuffeau il faut des outils à manches en bois, notamment le chemin de fer, un rabot qui permet de réaliser des moulures. Associé à l’ardoise le tuffeau compose l’harmonie bicolore des villes et des villages du Val de Loire.


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